Adapter les villes européennes à nos aînés (Nantes)

Adapter les villes européennes au vieillissement de la population – l’expérience de la ville de Nantes #ESPON

La semaine du 30 novembre dernier a été l’occasion pour les internautes d’assister à plusieurs sessions virtuelles portant sur le vieillissement de la population dans les 8 villes impliquées dans le projet ESPON ACPA (Adapter les villes européennes au vieillissement de la population). Retour sur les échanges et conclusions de la matinée consacrée à la ville de Nantes durant cette semaine numérique co-organisée par ESPON, Eurocities et AGE Platform Europe.

 

    

      « Regarder ce qui se fait ailleurs c’est une source d’inspiration pour les problématiques locales »

Agnese Macaluso, consultante chez ECORYS et impliquée dans le projet ACPA, a eu l’opportunité de se rendre plusieurs fois dans l’agglomération Nantaise à l’occasion de cette étude. Selon elle l’approche de Nantes est une approche positive, notamment parce qu’elle est adaptée aux différents sous-groupes de seniors. En effet, elle insiste sur l’importance de ne pas considérer les aînés comme un groupe homogène. Les problématiques d’une personnage âgée de 65 ans et d’une autre de 90 ans ne sont définitivement pas les mêmes. Agnese Macaluso rappelle aussi la nécessité de mettre en œuvre une approche de long terme : il s’agit non seulement de s’intéresser aux problèmes rencontrés par la génération d’aînés actuelle, mais aussi aux problématiques qui devraient émerger d’ici une vingtaine d’années. L’adaptation des villes au vieillissement nécessite donc préparation et anticipation. « Il faut apprendre aux jeunes générations à vieillir » car ils sont les aînés de demain précise Michel Lorant, directeur des solidarités à la Ville de Nantes.

Le nantais a également relevé la grande utilité d’une étude comparative telle qu’ACPA, soulignant que « regarder ce qui se fait ailleurs c’est une source d’inspiration pour les problématiques locales ». Angélique Giacomini, Directrice générale du réseau francophone Villes amies des aînées a elle aussi tenu à rappeler que « c’est un vrai souhait des territoires de savoir ce qui se fait ailleurs ». Michel Lorant, a ainsi appris que les villes partenaires du projet partageaient finalement les mêmes problématiques que Nantes sur le plan du vieillissement et qu’elles arrivaient au même constat : la nécessité d’éviter le décrochage d’une partie croissante de la population, les aînés. D’où la question principale d’ACPA : comment adapter nos villes à ces derniers ?

      « Partir de ce qui existe déjà »

Autre surprise du projet pour le directeur des solidarités, des initiatives de la ville qui lui paraissaient banales ont été décrites comme innovantes par l’équipe de recherche, à l’image du CLIC (Centre local d’information et de coordination gérontologique), un lieu d’accueil et d’information pour les personnes âgées et leur entourage. Le projet a aussi évidemment révélé des angles morts des politiques sur divers sujets tels que l’emploi des séniors,  la sécurité, l’habitat, le numérique ou les transports. Sur chacun de ces différents points des bonnes pratiques mises en place dans les villes partenaires ont été identifiées et sur lesquelles Nantes compte bien s’appuyer. En termes d’habitat par exemple, la diversification de l’offre  est une chose, « mais la rendre accessible à toutes les bourses, c’est un vrai défi » constate Michel Lorant. Angélique Giacomini soutient que de nombreuses initiatives existants, il ne faut hésiter à partir de ce qui existe et fonctionne. L’innovation ce n’est pas chercher la nouveauté à tout prix, c’est surtout chercher ce qui va changer le quotidien des gens de manière profonde.

       « Il faut changer les mentalités des approches sociétales du vieillissement »

Le vieillissement souffre d’une image négative, à tort. Angélique Giacomini,  rappelle qu’il est essentiel de soutenir un vieillissement actif et regrette que malgré une transition démographique nette, le médico-social demeure le seul secteur à se préoccuper des aînés. Or, leur part dans la population est de plus en plus importante, il faudrait donc remettre du positif autour du vieillissement afin de ne plus être dans une attitude discrimination sociale par non prise en compte de ces derniers. La directrice générale appelle donc à changer de perspective et à envisager nos ainés comme une ressource du territoire (notamment en termes de consommation) et à les inclure dans les démarches participatives.

     Bientôt un « silver paper » européen ?

Piera Petruzi, experte projet à ESPON rappelle que l’année prochaine la commission européenne va lancer un Green Paper sur le vieillissement de la population. Selon elle, il faut que les acteurs locaux participent à ce processus, mais « il est avant tout important que l’Europe prenne le sujet à bras le corps ». Les participants s’accordent sur le fait qu’une meilleure coopération internationale sur le sujet est en tout cas nécessaire, de même qu’un changement de mentalité des approches sociétales du vieillissement. Telles sont les clés d’une meilleure adaptation de nos villes à nos aînés !

Pour retrouver la documentation du projet ACPA dédiée à Nantes, rendez-vous sur cette page.