Les disparités régionales et la cohésion: quelles stratégies pour l’avenir?

Cette étude a pour but d’évaluer l’ampleur des disparités régionales au sein de l’Union européenne. Grâce à des méthodes et des outils scientifiques de pointe permettant une analyse critique, elle présente des données empiriques sur la dynamique des disparités régionales et des problèmes de cohésion territoriale. Elle s’appuie sur ces données pour proposer des moyens d’aborder la cohésion territoriale d’un point de vue statistique et politique. Enfin, l’étude propose plusieurs méthodes destinées à combler les lacunes actuellement présentes dans les données territoriales disponibles ainsi que des recommandations concrètes concernant les moyens d’améliorer la conception, la mise en œuvre et le suivi de la politique de cohésion.

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Une classification hiérarchique révèle l’existence de 7 types de régions dont il est possible de décrire les principales caractéristiques :

Type Faible-1 : indique une situation très négative pour tous les paramètres et concerne sans aucun doute les régions les plus en retard en Europe, caractérisées par un PIB par habitant très faible, un chômage élevé, une faible espérance de vie et des niveaux d’instruction relativement faibles. Cette situation est caractéristique des régions en Pologne, en Bulgarie et dans le Sud de l’Italie.

Type Faible-2 : très similaire au type précédent Faible-1 mais avec une importante différence qui concerne la situation relativement bonne en matière d’emploi (plus précisément, faible taux de chômage). Cet avantage est cependant généralement associé à des résultats moins bons en matière d’éducation ou d’espérance de vie.

Type Moyen-1 : caractéristique des régions présentant des situations faibles à moyennes pour l’ensemble des critères à l’exception de l’éducation, domaine dans lequel elles présentent généralement d’excellents résultats. Elles pourraient fonder leur développement sur cet avantage (main-d’œuvre hautement qualifiée), ce qui pourrait améliorer le niveau de PIB par habitant et réduire leur taux de chômage élevé.

Type Moyen-2 : également caractéristique des régions présentant une situation moyenne en matière de PIB par habitant et d’éducation, un dynamisme particulier en matière d’espérance de vie et une faiblesse spécifique en matière d’emploi. Les politiques appliquées à ces régions doivent dès lors privilégier la réduction du chômage mais sans toutefois menacer le bon niveau de disposition sociale, révélé indirectement par les résultats positifs en matière d’espérance de vie.

Type Moyen-3 : lié aux régions que la politique régionale communautaire considère généralement comme des régions «sans problèmes» en raison de leur très bon niveau de PIB par habitant et d’un taux de chômage relativement bas. Ces régions sont caractérisées par des résultats relativement mauvais en matière d’espérance de vie et de part de personnes ayant un niveau d’instruction élevé. Par conséquent, dans ces régions, la politique régionale doit probablement privilégier le développement d’infrastructures de santé et scolaires, des infrastructures qui font manifestement défaut.

Type Élevé-1 : caractéristique des régions présentant de bons résultats globaux pour tous les critères, à l’exception de l’emploi, puisque le niveau de chômage y est supérieur à la moyenne européenne. Ces régions se fondent généralement sur de bonnes conditions sociales (niveau élevé d’espérance de vie, importante part de personnes diplômées de l’enseignement supérieur) et sur une compétitivité économique relativement bonne. Comme dans le cas des régions de type Moyen-2, leur problème consiste à réduire le chômage sans nuire aux bons résultats dans les autres critères.

Type Élevé-2 : également caractérisé par de bons résultats globaux pour tous les critères mais avec quelques différences par rapport au type Élevé-1. La situation est manifestement meilleure en termes d’emploi (niveaux faibles) et légèrement meilleure en termes de PIB par habitant. Les résultats sont néanmoins manifestement moins bons que le type Élevé-1 en matière d’espérance de vie et d’éducation. En d’autres termes, l’opposition entre les types Élevé-1 et Élevé-2 est similaire à celle qui existe entre les types Moyen-2 et Moyen-3, ce qui révèle l’existence de choix politiques implicite.

 

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Il n’existe pas un niveau unique auquel on peut définir l’étendue spatiale de la «proximité immédiate» et des «environs»: d’un point de vue européen, les villes distantes de 100 km sont proches. Dans une perspective urbaine, d’autre part, une distance de 10 km est assez importante. Chaque type d’interaction économique et sociale s’étend sur des distances géographiques spécifiques. L’interaction de toutes ces «distances minimales en matière d’interaction fonctionnelle» forment le territoire européen tel que nous le connaissons. Les trois cartes fournissent un exemple de la manière dont la perspective de la structure du territoire change avec l’échelle. Chacune de ces quatre échelles peut être pertinente dans un certain contexte politique.Au sein de la région examinée, qui s’étend de Paris à Varsovie, on peut observer de nombreux pics de population en comparant des chiffres dans des cercles de rayons de 10 et 20 km, tandis qu’ils ne sont que 6 lorsqu’on examine les chiffres de la population dans des cercles de rayons de 80 et 160 km. Le centre de chaque pic est généralement une ville ou un groupe de villes. Globalement, ces cartes fournissent un outil permettant d’observer quand un schéma de population crée une relation centre-périphérie à une échelle donnée. Elles sont principalement un moyen d’évaluer la manière dont les villes structurent le territoire européen à l’échelle régionale, nationale ou continentale.La notion de «pics de population relatifs» est essentielle pour comprendre l’organisation du territoire européen. Elle permet d’évaluer à quelle échelle chaque ville structure le territoire européen: régionale (première carte), nationale (cartes du milieu) ou continentale (carte du dessous). En tant que telles, elles sont utiles pour évaluer à quelle échelle elles pourraient éventuellement agir en tant que «centres de croissance régionaux» ou de quelle manière elles pourraient contribuer à un développement plus polycentrique du territoire européen.