La comparaison des territoires transfrontaliers à l’échelle nationale

Commanditaire : DATAR
Date : Décembre 2008

Description de l’étude

Étude portant sur les dynamiques transfrontalières, les différentiels et complémentarités existant de part et d’autre de la frontière, et de la dimension métropolitaine dans 3 sites pilotes pour mieux cerner les enjeux spécifique des agglomérations transfrontalières (Genève, Dunkerque, Luxembourg). Réflexion et éléments sur les enjeux de comparabilité autours de mailles territoriales hétérogènes (méthodologie, cartographie).

Auteurs : S. De Ruffray, G. Hamez, D. Meddahi, E. Moron, F. Smits (CEGUM, Université de Metz)

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Rapport final (fr)

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Dans la zone de Dunkerque, la frontière est une ligne de discontinuité nette en termes démographiques et socio-économiques. Les populations du côté belge sont sensiblement plus âgées que du côté français, ce qui est perceptible dans toutes les unités spatiales, mais de façon particulièrement prononcée sur le littoral. C’est le résultat d’une évolution différenciée, bien renseignée dans la littérature sur la frontière franco-belge : la fécondité a fortement chuté en Belgique depuis les années 1950, pour atteindre en région flamande des niveaux qui figurent parmi les plus bas en Europe, alors que le déclin a été beaucoup moins prononcé dans la région Nord-Pas-de-Calais, la région étant même aujourd’hui une des plus fécondes à l’échelle de l’Europe.
Cette différence de structure par âge s’explique également par les mouvements migratoires. Le littoral belge est attractif à l’échelle de la Belgique pour les seniors, ce qui explique le vieillissement accentué de sa population. En revanche, le Nord-Pas-de-Calais est globalement une région de départ, à la fois pour les personnes d’âge actif et pour les seniors.La discontinuité semble moins nette dans la zone de Luxembourg, notamment au regard de l’indice de jeunesse. En revanche, le solde migratoire témoigne de dynamiques bien différenciées de part et d’autre de la frontière, les cantons luxembourgeois connaissant tous,une forte attractivité. Cette attractivité percole très peu à travers la frontière. Encore faut-il nuancer cette affirmation dans la mesure où l’évolution prise en compte s’arrête en 2001, et que les dynamiques peuvent s’être accélérées depuis cette date.
Le taux de chômage indique en effet une différence forte entre le Luxembourg et ses voisins ; compte tenu du coût élevé du foncier au Luxembourg, le contexte est favorable à une croissance de la population dans les cantons français limitrophes du Luxembourg.La situation est bien moins tranchée dans la zone de Genève, où la périphérie française de la ville est une zone jeune, reflet de la présence de jeunes actifs attirés par les emplois genevois. Le solde migratoire est positif dans tous les secteurs situés à proximité de Genève. Les dynamiques à l’œuvre semblent pouvoir ici être qualifiées de véritablement transfrontalières, dans la mesure où le bassin d’emploi paraît intégré.

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En outre, l’évolution des flux vers Genève de 2002 à 2007 témoigne d’une augmentation forte dans les cantons français ruraux éloignés de la ville centre. L’espace dépendant de Genève s’étend donc davantage.