L’Europe en 2050 : le projet ESPON ET2050

Visions et scénarios territoriaux pour l’Europe en 2050 : ESPON ET2050

ET2050_illustrationLe projet ESPON European Territory 2050 (en abrégé ‘ET 2050’) doit produire une Vision pour le territoire européen à l’horizon 2050. Celle-ci doit se fonder entre autre sur des scénarios territoriaux préalablement élaborés pour différents horizons temporels (2030 et 2050), l’un tendanciel (ou ‘business as usual’) les autres exploratoires (ou ‘alternatifs’).

Bien que composantes d’une même démarche, les scénarios et la Vision sont différents par nature. Essentiellement ‘fact based’, les scénarios cherchent à décrire, à l’aide de modèles, diverses évolutions possibles du territoire européen. Les scénarios exploratoires délimitent un « champ du possible » sur base d’hypothèses exploratoires étayées par des connaissances et des experts scientifiques, à l’intérieur duquel se situe le scénario tendanciel, qui lui ne fait qu’extrapoler les évolutions actuelles.

La Vision territoriale est ‘value based’ : elle se fonde sur des valeurs et de grandes priorités politiques exprimées par différents porteurs d’enjeu (ou ‘stakeholders’) actifs aux niveaux européen, national et régional, en particulier les pouvoirs publics et leurs agences, mais aussi le monde associatif et le secteur privé.

Bien que les processus d’élaboration et les objectifs de ces documents soient différenciés, la distinction « fact based / value based » ne signifie pas que les scénarios et la Vision sont élaborés en s’ignorant mutuellement : bien au contraire, la construction progressive des scénarios et de la Vision est un processus itératif, dans lequel les deux composantes s’éclairent l’une l’autre à diverses étapes du projet.

Le programme ESPON spécifiait clairement que ce projet devait aider les acteurs publics à formuler une Vision territoriale du continent européen cohérente et intégrée à long terme. Elle devait représenter ‘le rêve d’une situation idéale future’, vers laquelle devaient converger diverses orientations politiques.

Les analyses d’ET 2050 ont, bien entendu, intégré un ‘état des lieux’ du territoire européen en 2011 et de l’action de l’UE en matière de cohésion économique, sociale et territoriale. Il est notamment apparu que le processus de convergence entre les régions tendait à marquer le pas, et s’inversait même dans certains cas, notamment à l’intérieur des frontières nationales.

L’élaboration du scénario tendanciel a débouché sur un tableau dépeignant un avenir difficile, dans lequel les disparités s’accroissent et le processus de convergence s’étiole totalement. Les scénarios exploratoires, quant à eux, ont consacré l’importance des choix politiques et des actions qui seront menées, si l’on souhaite un meilleur avenir.

Trois types d’organisation territoriale possibles ont été ‘testés’ : un scénario ‘A ‘ de promotion des métropoles européennes, un scénario B de promotion des villes moyennes, et un scénario C de promotion des petites villes et des régions européennes les moins développées[1].

Chacun de ces scénarios territoriaux était lui-même décliné en trois variantes correspondant aux hypothèses suivantes : récession économique (1), avancées technologiques (2), changement climatique (3). Des modèles démographique, socioéconomique, de transport et d’utilisation du sol ont été utilisés pour l’élaboration de ces scénarios. Une analyse d’impact territorial a également été réalisée.

A la différence des autres projets de recherche appliquée du programme ESPON, généralement fondés sur la seule analyse scientifique, ce projet ET 2050 se caractérise par un second apport très important : un processus de participation ayant mobilisé de très nombreux acteurs (cf. les « stakeholders » déjà mentionnés plus hauts.). La démarche d’élaboration de la Vision territoriale a donc combiné l’expertise scientifique et des choix fondés sur des valeurs d’ordre politique.

Le processus de participation a commencé dès le début du projet (2011). Il a pris des formes diverses :

• ateliers de travail avec le comité de suivi du programme ESPON (représentants des Etats membres impliqués dans celui-ci et de la DG Regio) ;
• entretiens avec des représentants des institutions européennes (Commission européenne, Comité des Régions, Parlement Européen, Comité économique et social) ;
• consultation de représentants d’organisations liées à l’UE :agences diverses (par exemple l’Agence européenne de l’environnement), programmes de coopération territoriale INTERREG ;
• consultation d’organisations internationales comme l’OCDE ou la CEMAT du Conseil de l’Europe, etc.;
• enquêtes et entretiens avec de nombreux acteurs publics et semi publics actifs à l’échelle européenne dans le domaine du développement territorial, par exemple METREX, l’ARE (Assemblée des Régions d’Europe), MOT (Mission opérationnelle transfrontalière), CRPM (Conférence des régions périphériques et maritimes), Eurocities, etc.

A partir de 2013, en collaboration étroite avec l’unité de coordination du programme ESPON, plusieurs journées de colloque ont également été organisées pour débattre des différentes versions de la Vision territoriale, ainsi que des actions politiques à envisager à court et moyen terme pour tendre vers l’idéal à long terme défini par celle-ci. Le parachèvement de la Vision territoriale et la définition des politiques à mener sont encore en cours. La remise du rapport final est prévue pour juin 2014.

Informations disponible en anglais : http://www.et2050.eu

Contact : Valérie Biot, Point de contact EPSON en Belgique

[1]Voir les projets du premier programme ESPON 2000 – 2006, ESPON 111 et 143, pour les définitions.